Henri et No peignant.

Henri et No peignant.

Seigle: un artiste, deux peintres, le mari Henri (1907 – 1995) et la femme Nô (1912 – 1998), dont les sensibilités se confondent et se mélangent sur une même toile.

En 1927, Monsieur Seigle fut l’unique élève de Vuillard,

Surréaliste, ami d’André Breton, Marcel Duchamps, Georges Bataille, Max Ernst, Michel Carrouges, Benjamin Perret, Hans Bellmer, Victor Brauner…, Seigle est sélectionné et expose Galerie Maeght à l’occasion de la 2ème exposition Internationale du Surréalisme,

Après la dislocation du groupe Surréaliste, Seigle revient à des sujets plus figuratifs : des natures mortes aux fruits, aux pichets, aux aiguières…, des femmes, des nus, des paysages de Penne (Tarn) ou de Paris, des ponts ou des péniches sur la Seine…

Il est lié aux peintres Edouard Vuillard, Alberto Giacometti, Nicolas de Stael, Hans Hartung, Henri Dubuffet, Serguei Charchoune…

Il expose en France, à Genève, Cologne, Osaka, Tokyo, Palm Beach, Houston, Varsovie, Londres, Caracas, Québec, Dallas.

En 1980, le Salon d’Automne lui rend hommage.

 

Ce qu'en pensent les Grands

Dans des lettres écrites à l'occasion du Salon d'Automne :

Mieux que respecté, le tissu de l’air est honoré comme il ne l’était plus, de tous ses duvets criblés du champ, moussant du nid.
Dans le sang de l’homme, le coquelicot et le fossé se regardent ; aussi vrai que chaque envol de chouette égrène un épillet d’avoine, “l’oiseau noir, dit Seigle, a des couleurs dans son cœœur”.
Une fois encore la beauté passe, avec mille précautions, elle porte à la rosée une toile d’araignée.
Refaites-vous du printemps. Mangez du pain de Seigle.
— André BRETON
Dans cet ensemble d’œœuvres, je constate que le dessin du commentaire figuré est purement abstrait, musical si vous préférez, les toiles pièges transformant les objets qu’elles désignent en pièges pour capter dans le tissu de notre vie un certain chant, les métaphores ne se déployant, comme chez Mener, que dans l’épaisseur, dans les tons que nous épelons : fraise, ambre, craie, ou lilas, et dans la texture, mais je connais trop bien Seigle pour ne pas sentir poindre dans les régions intermédiaires toute une richesse d’images et d’explications, mais dans telle toile parisienne, je vois le réseau tendu sur l’air et le ciel, dans l’air et le ciel, par l’air et le ciel, s’animer de je ne sais quel souffle annonciateur d’oiseaux : quels nouveaux lieux inattendus vont-ils nous révéler communs, quelles surprises sur nous-mêmes pépier, piailler, croasser, quel avenir leurs vols inscrire ? Je guette.
— Michel BUTOR
Il existe une palette typiquement française, des constantes de couleur que l’on retrouve tout au long de l’histoire de notre peinture, depuis Poussin jusqu’à Cézanne et à Bonnard. Il me semble que Seigle a su recueillir en quelque sorte la quintessence de cette palette française composée de nuances tendres, de bleus, de gris, de verts pâles, d’argent.
Quand Seigle parle de sa peinture, et fort bien, il emploie souvent le mot « accord » :
— Je cherche, dit-il, à trouver un accord avec le monde à travers une cohésion. Je poursuis un certain équilibre de la réalité : que les valeurs soient au premier rang sans pour cela dévorer la couleur ; que le sujet soit présent sans dévorer la peinture.
La peinture de Seigle donne pourtant l’impression de « dévorer » mais à la manière de la braise sous la cendre, dont elle a souvent l’aspect. Et la réalité, que l’artiste ne cherche nullement à traduire exactement, mais à évoquer dans sa généralité, apparaît sur la toile comme une dentelle de cendre, palpitante, frémissante.
— Pierre MAZARS